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dimanche 28 avril 2013
Vous avez été maltraité pendant votre enfance: pourquoi continuez-vous à vous faire du tort ?
La plupart d' entre nous ont été victimes de violences affectives. Beaucoup trop ont même été
victimes de violences physiques, voire sexuelles. On pourrait croire qu' ayant été maltraités par
autrui, nous allons tout faire pour ne pas nous maltraiter nous-mêmes.
Dans la réalité, c' est exactement le contraire qui se produit. Les enfants victimes de violence
tendent à devenir des adultes violents. Cela montre l' influence déterminante de notre éducation
sur notre personnalité.
On nous enseigne à ne pas nous accorder de valeur, à ne pas prendre soin de nos propres besoins.
A cette première école, nous sommes des élèves zélés; nous avons tendance à nous conformer
au rôle écrit pour nous; ce rôle prescrit que nous ne sommes pas dignes d' être bien traités, que
nous sommes " méchants " et qu 'il faut nous punir. Les violences précoces dont nous avons été
victimes nous dépouillent du respect élémentaire de notre personnalité et nous empêchent de
reconnaître le caractère foncièrement bon de notre caractère. Elles nous enfoncent dans le crane
qu' il y a en nous quelque chose d' abominable dont nous devons avoir peur. La violence nous
apprend à ne pas nous faire confiance, elle nous enseigne que nous ne méritons pas d' être en
sécurité ni aimés. La violence tue notre élan vital et étouffe notre propension à prendre des risques.
Elle nous apprend à réprimer nos propres sentiments, et à manipuler ceux des autres pour subvenir
à nos besoins. La violence est un professeur abominable; le scénario de la violence met en scène
des acteurs qui sont tous perdants et s' entraînent mutuellement dans un cercle vicieux et dangereux.
Eh bien, ce professeur peut être bâillonné, ce scénario peut être jeté; il y a une issue à ce cercle
vicieux.
Pour en sortir, il faut commencer par prendre conscience d' une chose : ce n' est pas vous qui
avez écrit ce scénario, vous n' êtes donc pas tenu de vous y conformer. Ce n' est pas de votre
faute si vous avez été éduqué de la sorte et vous n' êtes pas responsable des violences que vous
avez subies. Vous ne les méritiez pas. Elles échappaient à votre maîtrise. Vous êtes totalement
innocent.
Même si vous étiez un enfant " insupportable", vous ne méritiez pas d' être maltraité; aucun être
humain ne mérite çà. La question de savoir qui avait tort ne se pose même pas: c' est votre
agresseur qui avait tort de A à Z. Vous devez accepté le fait que vous êtes une victime, que vous
n' avez rien à cacher et qu'il n' y a rien là de honteux. Vous n' avez pas à vous pardonner quelque
chose qui n' était pas de votre faute. Oubliez tous remords: ce n' est pas vous qu'ils doivent ronger.
Répétez-vous encore et encore: " Ce n' était pas de ma faute ! " jusqu'à ce que vous soyez
parfaitement convaincu. Cette première étape est vitale.
Deuxième étape du scénario : reconnaître que vous êtes bon. Peu importe ce que vous avez fait ou
ce que l' on vous a fait : vous êtes bon. Votre nature est bonne, c' est inné. Vous êtes venu au monde
avec et vous quitterez ce monde avec, sauf si vous persistez à la nier et à la contredire avec des actes
erronés. Répétez-vous encore et encore : " Je suis bon " jusqu'à ce que vous sentiez cette évidence
vous pénétrer. Vous saurez d' instinct lorsque votre certitude sera totale. Vous deviendrez
conscient du fait que votre nature est foncièrement bonne et cette certitude est puissamment
dynamisante.
Une fois que vous aurez franchi ces deux étapes, vous serez prêt à vous soigner. Le processus
de guérison commence souvent par une explosion de colère contre votre agresseur. Cette
colère est bonne et saine, il ne faut pas l' escamoter. Il est naturel d' être en colère: regardez un
peu tout ce que vous avez perdu dans cette affaire ! Peut-être aurez-vous besoin d' un psychologue
pour utiliser cette colère de façon constructive. Il faut que vous la tourniez vers l' extérieur
et non pas vers vous-même; mais il n' est pas nécessaire que vous l'exprimiez personnellement
à votre agresseur. Il n' est pas nécessaire que vous exprimiez cette colère dans des comportements
violents, ce qui vous rejetterait dans un cercle vicieux négatif. Après la colère, survient le
pardon : vous serez à même de comprendre que votre tortionnaire était lui-même prisonnier d' un
cercle vicieux destructeur. Une fois que vous aurez pardonné, vous pourrez lâcher prise.
La dernière étape consiste à vous libérer de tout programme. Vous êtes responsable de votre
vie, responsable de vos comportements. Si vous continuez vos violences contre vous-même
ou contre les autres, c' est à présent de votre faute, car vous avez le choix. Jusqu'à aujourd'hui
vous étiez pris dans un schéma que vous n' aviez pas mis sur pied. Mais maintenant, vous savez :
dorénavant , vous êtes libre de de vos décisions. Vous n' avez pas - et vous n' aurez jamais -
de bonnes raisons pour vous maltraiter; vous n' aurez pas - et vous n' aurez jamais - de bonnes
raisons pour vous punir ou vous comporter de façon destructrice. Vous pouvez vous aimer,
accepter vos mauvais cotés, vous pardonner vos erreurs, vous défaire de votre douloureux
passé et prendre la vie à bras-le-corps pour réaliser tout votre potentiel. Si vous décidez de
persister à vous faire du tort et à vous comporter de façon destructrice, reconnaissez
honnêtement que c' est votre choix, et non la conséquence de votre triste éducation. Votre
enfant intérieur est à présent votre victime. Cet enfant mérite d' être aimé, d' être traité avec
délicatesse, d' être gardé en sécurité.
Vous êtes le seul qui puissiez compenser les manques de votre passé.
Quel but plus beau pourriez-vous vous fixer dans la vie ?
vendredi 8 mars 2013
Pourquoi tant de rancoeur en moi ?
La rancoeur survient quand nous ne nous donnons pas assez à nous-mêmes. Cela signifie que nous donnons trop de nous-mêmes aux autres, jusqu'à nous sentir vides, seuls, maltraités, lésés, que sais-je encore... La rancoeur n' est pas définie en psychologie comme un sentiment primaire; c' est un
sentiment primaire - probablement la colère ou la tristesse - qui a été modifié ou intellectualisé par
notre " ordinateur cérébral " jusqu'à devenir ce que nous appelons la rancoeur. Pour en finir avec elle,
mieux vaut s' attaquer à sa cause : les sentiments sous-jacents.
La rancoeur surgit quand nous offrons un cadeau " à double tranchant " , c' est-à-dire assorti de
conditions. Nous donnons par exemple notre temps, notre énergie ou bien un objet matériel, alors
que nous n' avons pas vraiment envie de le donner, ou que nous le faisons sous la pression d' une
raison quelconque dans le but de recevoir autre chose en échange : la philosophie de la transaction ne correspond pas à un don mais à un troc. Nous attendons de notre cadeau qu'il nous procure des
avantages. Nous attendons l' avantage en question et, quand celui-ci ne vient pas, nous en éprouvons
de l' amertume. Nous sommes en colère contre nous-mêmes pour avoir fait ce cadeau, et nous sommes
en colère contre son destinataire, pour ne pas avoir " remboursé ". L' effet attendu ne s' est pas produit,
tout au moins au niveau de nos attentes, et nous sommes pleins de ressentiment. Nous aimerions
reprendre notre cadeau.
La rancoeur ne peut surgir que quand nous ne nous occupons pas complètement de nous-mêmes.
Rappelez-vous l' image de la bonbonnière. Si nous préparons des montagnes de bonbons pour les
autres et jamais un seul pour nous-mêmes , nous éprouvons de la rancoeur quand les autres mangent
nos bonbons. Nous serions parfaitement en paix si nous commencions à subvenir à nos propres
besoins. Avant de faire un cadeau à quiconque, commencez par vous en faire un à vous-même.
Occupez-vous d' abord de vos propres besoins, et les cadeaux que vous ferez aux autres ne seront
pas gâchés par de vaines attentes de votre part.
Après le remords, la rancoeur est probablement le sentiment le plus destructeur. C' est le
cancer de l' esprit, il est presque impossible d' aimer ou d' apprécier la compagnie d'une personne
qui entretient des rancoeurs. Quand on héberge de la rancoeur, on voudrait que l' autre sache de
dont nous avons besoin, qu'il agisse en fonction de nos besoins et qu' il s' occupe de nous.
Et quand l' autre ne fait rien de tout cela ou qu'il ne peut pas le faire, l' amertume s' installe pour
faire retomber la faute sur l' autre.
La rancoeur, c' est la maladie du drogué . Tout ce que nous avons et tout ce dont nous avons
besoin a été transféré sur des tiers. Nous ne sommes plus responsables de la façon dont nous gérons
nos sentiments. C' est quelqu'un d' autre qui s' en charge. Nous sommes devenus des martyrs car
nous ne cessons de donner aux autres, mais eux ne nous donnent rien. Le drogué attend de
l' extérieur quelque chose qui l' apaise et le satisfasse. Il se sent le droit de se mettre en colère
si sa piqûre salvatrice se fait attendre. Il se sent le droit d' accuser le monde entier de ses problèmes.
Il est un authentique égocentrique.
Quand nous éprouvons de la rancoeur, nous nous comportons comme des drogués. Nous refusons
d' endosser la responsabilité de nos actes. Les dons que nous faisons aux autres nous coûtent trop
chers : ils sont souillés par toutes sortes de conditions, et nous exigeons un cadeau bien plus important
en retour. Nous ne pouvons alors éprouver qu' un immense sentiment d' insatisfaction qui nous
gangrène l' esprit.
Si vous diagnostiquez de la rancoeur en vous, commencez par vous concentrer sur ce dont vous avez besoin, plutôt que sur ce que vous donnez. Les autres ne savent pas ce dont vous avez besoin, et ils ne
vous le fournissent pas, d' accord : ce n' est pas une raison pour vous mettre en colère contre eux;
Tachez de vous calmer. Et puis cessez de prendre les autres en charge. Cessez d' être un
codépendant . Voyez votre rancoeur comme un cancer qui vous ronge.
Pourquoi choisir de garder ce cancer alors que vous pouvez vous en débarrasser ? Préparez-vous mentalement à faire ce qu'il faut pour vous débarrasser de vos ressentiments. Il vous faudra essayer
de nouveaux comportements, il faudra surtout vous occuper de vous-même. Si vous aviez le cancer,
c' est ce que vous feriez; eh bien, ce n' est que de la rancoeur : retroussez-vous les manches, car cette pathologie vous dévore l' âme et vous empêche d' acquérir l' estime de vous-même.
Est-ce là une situation enviable ?
Finissez en avec elle !
samedi 9 février 2013
Pourquoi tant de colère en moi ?
La colère est une des émotions les plus fondamentales et les plus importantes. Elle est nécessaire à la survie : elle donne la force de se défendre contre les évènements qui normalement nous dépasseraient. La colère est également indispensable au développement du petit enfant : elle l' aide à distinguer sa personnalité de celle des autres. Tout le monde éprouve de la colère; Pourquoi ce sentiment si fondamental est-il pour tant de gens si difficile à affronter ? Pourquoi nient-ils leur colère ? Qu'est ce qui leur fait si peur ?
On trouve les réponses à ces questions , de nouveau, dans notre éducation. On nous a appris depuis notre petite enfance que c' est " mal " d' être en colère, et que les gens ne nous aiment pas quand on est en colère. On nous a inculqué que la plupart de nos colères sont injustifiées (comme si les sentiments avaient besoin de justification): nous n' avons pas le droit d' exprimer notre colère car nous devons faire passer les sentiments de notre interlocuteur avant les nôtres ! Depuis notre enfance, nous avons appris à nier et à réprimer notre colère, pour éviter de nous faire cataloguer de "mauvais". Si nous ne parvenons ni à nier ni à réprimer notre colère, si nous si nous l' exprimons, nous éprouvons des remords et le besoin de nous justifier. Nous avons appris, en général vers l' age de cinq ans , que la colère provoque un cercle vicieux: si nous l' exprimons, nous sommes "mauvais"; si nous la réprimons, notre colère grandit et se transforme en rage aveugle : de nouveau, nous sommes "mauvais"; si nous nions son existence, nous apprenons à ne pas faire confiance à nos propres sentiments, et nous nous sentons mal . Comment sortir de ce cercle vicieux?
Accordez vous la permission de vous mettre en colère. Il est impossible de maitriser ses sentiments de colère. Nul ne sait jamais quand ni pourquoi ni comment il se sentira en colère. Parfois, on peut se sentir en colère sans savoir pourquoi. D' autres fois, on s' attend à etre irrité et rien ne se passe. La colère cohabite en nous avec d' autres sentiments. Acceptez le fait que vous puissiez vous sentir en colère. Mais ne confondez pas le sentiment de colère avec l' expression de ce sentiment. Vous ne pouvez pas maîtriser votre sentiment, mais vous pouvez maîtriser la façon dont vous décidez de l' extérioriser
Notre éducation nous conduit à confondre le sentiment de colère avec les comportements désordonnés que celui-ci provoque. La plupart d' entre nous ont peur de ce qu'ils font ou de ce qu'ils pourraient faire sous l' emprise de la colère. Nous nous obstinons à nier et à réprimer notre colère jusqu'à ce qu'elle explose en fureur aveugle et destructrice autant vis-à- vis des autres que vis-à -vis de nous-mêmes. En acceptant nos sentiments d' exaspération au fur et à mesure qu'ils surgissent, nous évitons que la pression ne s' accumule avec un risque d' explosion. Souvent, il suffit d' accepter notre colère au moment ou elle apparaît : Il n' est pas toujours nécessaire d' extérioriser nos pensées et nos sentiments ; nous pouvons décider de ce que nous allons faire et le choix qui s' offre à nous est large.
Quand vous vous vous sentez en colère, entraînez-vous à vous dire ceci : " Je suis en colère. Qu' est- ce que je désire en faire ? " Parfois vous déciderez d' extérioriser votre sentiment; parfois vous déciderez d' y réfléchir un moment avant d' agir; parfois vous aurez envie de vous mettre à hurler, et d' autres fois d' en parler calmement. De temps en temps, vous pourrez même décider de laisser passer cette humeur passagère, sans rien faire de spécial. Quand on est furieux, il n' y a pas de décision toute faite à appliquer aveuglément.La plupart du temps, le simple fait de reconnaître que vous êtes en colère suffira à vous calmer, surtout si vous acceptez ce sentiment sans vous juger. Encore une fois, vous ne pouvez pas maîtriser vos sentiments, et vos sentiments ne peuvent pas vous maîtriser, à moins que vous ne décidiez de vous soumettre à eux. La colère mal gérée peut être un signe de mésestime de soi, de jalousie, de dépression ...
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