dimanche 6 avril 2014

Que puis-je faire pour les autres ?







             Le mieux que vous puissiez faire pour les autres, c' est de représenter à
leurs yeux un modèle attrayant d' estime de soi et d' intégration  sociale. On manque
dramatiquement en ce bas-monde de modèles sains auxquels se référer. En vous
aimant vous-même, vous constituerez pour les autres un modèle visible, équilibré
et positif, pour le cas où ils décideraient de changer. En acceptant vous-même les
 autres et les circonstances tels qu'ils sont, en fuyant les sentiments de culpabilité,
 en encourageant les autres, en assumant vos responsabilités vis-à-vis de vous-
même et en vous recentrant quand il le faut, vous prouverez que c' est possible et
vous donnerez aux autres un bon exemple. C' est de loin l' enseignement le plus
convaincant et, bien souvent, nous ne nous rendons même pas compte que d' autres
nous prennent comme modèles.
La pratique de l' estime de soi est constituée en grande partie d' actions et non de
paroles; ces comportements ne peuvent s' apprendre que par l' exemple.
Paradoxe: plus vous en faites pour vous-même, meilleur vous devenez en tant
que modèle pour les autres. Initiez le mouvement en marchant et d' autres vous
emboîteront le pas ...


          Si vous pouvez vous accepter tels que vous êtes, si vous cessez de vous
mettre en tête de devenir parfait, alors vous pourrez accepter les autres avec leurs
imperfections. Cette acceptation est irrésistible, elle laisse les autres libres de s'
accepter aux-mêmes. Si vous pouvez vous pardonner vos propres erreurs et en
tirer les enseignements, ceux qui vous entourent sentiront que vous leur offrez
 une alternative quant à la façon de réagir à leurs propres erreurs. Bien sur, ils sont
libres de ne pas vous imiter, mais ils ne pourront plus se donner l' excuse
traditionnelle : " tout le monde autour de moi essaie d' être parfait." Quand vous
vous détachez de vos remords et de vos mortifications, vous prouvez par l' exemple
que c' est possible. Chaque fois que vous dites "non" à quelqu'un, vous lui laissez
la liberté de vous dire "non"  à son tour. Si vous pouvez dire " non " à quelqu'un
sans remords, vous laissez l' autre libre de faire de même. En vous occupant de
satisfaire vos propres besoins, vous laisser les autres libres de s' occuper des leurs.
Si vous prenez des risques, les autres seront plus susceptibles d' en prendre à leur
tour. Et ainsi de suite. Les gens qui vous entourent ont une influence sur vous.
Vous réagissez à chaque encouragement, à chaque appui; le négatif et les choses
décourageantes ne vous laissent pas indifférents. Vous avez besoin d' une dose
supplémentaire de positif pour servir d' antidote à tout ce négatif. Vous pouvez
constituer un pole positif dans votre milieu.

         
         Une des plus remarquables qualités qui peuvent faire de nous des modèles
pour les autre, c' est l' amour inconditionnel. Quand nous détenons l' estime de
nous-mêmes et pratiquons cet amour inconditionnel vis-à-vis de nous, notre être
 tout entier constitue pour les autres un modèle de comportement. Nous n' avons
 pas à faire quoi que ce soit, notre démonstration réside dans notre état d' être. En
nous laissant nous-mêmes libres d' être, nous laissons les autres libres d' être à leur
. Le jour où nous cessons d' excuser nos échecs en invoquant des facteurs externes,
nous mettons un terme à ce petit jeu de reproches. Nous procurons
ainsi aux autres un havre de sécurité, et Dieu sait qu' ils en ont désespérément
besoin.


        L' intégration sociale n' oblige pas les autres à changer. Au contraire, elle
laisse les changements survenir, et elle encourage les améliorations. L' intégration
sociale, extension de l' estime de soi à autrui, suscite croissance et développement.
 Nous avons besoin des autres pour apprendre d' eux et pour leur apprendre, pour
 établir des rapports interactifs avec eux, pour partager notre découverte de nous-
mêmes, et pour nous réjouir ensembles de nos propres découvertes. Nous avons
 besoin des autres car nous sommes tous liés, unis; nous faisons partie du même tout,
nous pouvons croître ensemble et converger d' un même pas vers l' unité suprême.
Nous ne pouvons pas faire cela tout seuls. Nous avons aussi besoin des autres pour
mettre à l' épreuve la rupture de notre isolement du monde; nous avons besoin des
 autres autant qu' ils ont  besoin de nous, non pas pour les prendre en charge mais
pour nous montrer accueillants,non pas afin de faire des choses pour eux, mais afin de
 faire des choses avec eux.


Bref, la meilleure chose que nous puissions faire pour les autres, c' est exactement
ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes.

dimanche 30 mars 2014

Quel est le role de la sexualité dans l' amour ?






              Cette question est souvent posée par des gens qui ont des relations
satisfaisantes au sein d' un couple qui bat de l' aile ou qui, a contrario, sont
satisfaits de leur couple mais n' ont avec leur conjoint que peu de relations
sexuelles,voire pas du tout.
Peu de problèmes semblent aussi épineux que celui de la sexualité dans le
couple. La sexualité et l' argent sont les deux thèmes qui divisent le plus les
couples. Le modèle occidental nous enseigne que l' une des qualités majeures
d' un couple, c' est l' attrait réciproque des conjoints. Comme beaucoup d' entre
nous en ont fait la douloureuse expérience, ce qui nous attire vers l' autre
au premier regard s' use à long terme et finit souvent par nous répugner.
La compatibilité sexuelle ajoute certainement une dimension merveilleuse
à la vie du couple mais elle ne suffit pas à en assurer la pérennité.

             Andrew Greeley a décrit la sexualité comme un don de Dieu, une sorte
de jeu et de répétition conduisant à l' unification: elle permet de devenir un
avec l' autre , et en fin de compte avec Dieu. C' est une vision des choses
comme une autre.
 Une expérience sexuelle réussie constitue une  des grandes joies de la vie,
un cadeau qui nous rend heureux d' être vivants et un exutoire providentiel
à toutes les tensions nerveuses et mentales. Elle nous donne l' occasion
 de jouer, partager, de nous découvrir nous-mêmes et de découvrir l' autre
 dans une dimension naturelle non verbale, véritablement unique. Une vie
sexuelle épanouie renforce les liens d' un couple équilibré.
Mais elle ne peut remettre d' aplomb un couple qui se déchire. On confond
 souvent sexualité et intimité, car certains couples ne se rapprochent qu' à
 l' occasion de leurs relations sexuelles. La sexualité renforce l' intimité, elle ne
 la crée pas.
Il est intéressant de signaler que de nombreux couples gravement perturbés,
rapportent qu' ils ont une sexualité d' une intensité phénoménale : ceci ne fait
qu' ajouter à leur perplexité quant à l' avenir du couple.
Quand c' est le cas, la sexualité est alors utilisée pour remplacer tous les
facteurs manquants du couple: communication, tendresse, acceptation,
 partage, etc.

            Nous sommes des êtres sexués; notre sexualité est un attribut de notre
nature. Malheureusement, elle suscite  en nous nombres de conflits et de
questions contradictoires. C' est là une autre conséquence de notre éducation:
dans notre civilisation, la sexualité a mauvaise presse. On a trop insisté sur
l' utilisation de la sexualité et de l' acte sexuel lui-même en tant que moyen
pour parvenir à d' autres buts. On nous a appris soit à afficher notre
sexualité pour prendre les autres au piège, soit au contraire, à la cacher
comme s' il s' agissait de quelque chose de "sale" . On nous a appris que les
 hommes ont davantage tendance que les femmes à exhiber leur sexualité,
et que celle-ci est souvent utilisée comme un moyen pour exercer un pouvoir
ou une pression. Comme notre sexualité fait partie de notre nature, le fait
d' être à l' aise avec elle est un processus naturel intimement lié à notre estime
de nous-mêmes .Plus nous nous aimons, plus nous nous sentons à l' aise dans
notre corps, plus nous acceptons ce que nous sommes physiquement, plus
nous sommes conscients de notre sexualité et moins nous la redoutons.

              Les couples sains, c' est-à-dire ceux composés de deux conjoints sains
ne mettent pas la sexualité sur le même plan que les compétitions sportives.
Les personnes formant un couple équilibré donnent à la sexualité le rôle naturel
qui lui revient, elles ne tiennent pas de statistiques sur la fréquence de
leurs épanchements, pas plus qu' elles ne recherchent la prouesse ni l' exploit.
Les couples expérimentés savent que la sexualité est comme tant d' autres
aspects de la vie du couple: il y a des périodes ou cela marche mieux que
d' autres. Pratiquement, tous les couples traversent des phases ou leur sexualité
leur semble moins importante qu' à l' accoutumée, et ils n' hésitent pas alors
à faire preuve de souplesse.
Il y a des périodes de notre vie ou notre sexualité est plus active,et des périodes
où nous pratiquons une certaine continence. Souvent, ces périodes ne coïncident
pas avec les aspirations momentanées de notre conjoint. Il faut alors
chercher un compromis, accepter l' autre tel qu'il est et se montrer
compréhensif de façon à laisser la sexualité à sa juste place Si nous ne parvenons
pas à cet équilibre dans les autres domaines de notre vie, nous ne parviendrons
pas à nous montrer souples dans celui-ci; nous ne permettrons pas à nos besoins
et désirs sexuels d' évoluer avec le temps.


          La sexualité est propre à chaque couple! . Il revient aux conjoints de trouver leur 
 équilibre par le dialogue, la compréhension et surtout beaucoup d' amour et 
de tendresse.


dimanche 2 mars 2014

Si je change, mon conjoint changera-t-il?






 










  On peut répondre à cette question  de trois manières : Oui, non et peut-être.

Vous allez me dire : " Je suis bien avancé avec ça !


Voici brièvement une réponse:


Oui : Si l' un des pôles du système- formé par le couple- change, tout le système
en est affecté et des changements en chaîne se produisent.

Non: Il nous est impossible de maîtriser des changements sauf en nous-memes;
le fait que nous changions ne garantit pas que l' autre va changer; mais nous
pouvons modifier la façon dont nous percevons l' autre, nous pouvons changer
de sorte à accepter plus facilement l' autre.

Peut-être : certains changements peuvent se produire mais pas forcement
ceux que l' on attendait et pire, pas dans la direction que nous aurions souhaité.


   Il ne faut pas que la motivation pour nous changer nous-memes soit de
transformer l' autre. Si tel est le cas, nous sommes en plein chantage , en
pleine manipulation: nous ne sommes pas sincèrement en train de changer.
Le fait de se changer soi-même requiert, croyez-moi, beaucoup de travail,
un profond désir de changer et un engagement irrévocable dans ce
processus. Quand notre engagement est entaché d' arrière-pensées ( par
exemple, changer l' autre ) et que nous n' obtenons pas le résultat désiré,
nous sommes rejetés dans le cycle de la codépendance. Si vous avez oublié
cette notion , vous pouvez relire mon article: Qu'est ce qu' un codépendant?
C' est nous qui faisons tout le travail, c' est sur nous que pèsent toutes les
responsabilités et la raison pour laquelle nous nous donnons tout ce mal ne
se justifie même pas. Il y a des chances pour que nous nous commencions
à nous sentir amers, dupés ou furieux contre la personne qui persiste
à ne pas changer. Il peut également arriver que nous éprouvions de la
colère vis-à-vis de nous-memes. Tout cela est particulièrement destructeur
et nos efforts se retournent contre nous-memes.


   Si vous choisissez de changer, vous n' avez qu'une seule bonne raison
de le faire: parce que vous voulez changer. Vous avez alors la maîtrise
de ce changement. Souvenez-vous: vous ne pouvez maîtriser que la façon
dont vous choisissez de vous percevoir, ainsi que vos comportements, sur la
base de vos sentiments. Vous ne pouvez rien maîtriser d' autre. La façon
dont l' autre réagit  votre évolution  vous échappe totalement.
En toute logique, vous vous figurez peut-être que, si vous changez en mieux,
vos relations avec ceux qui vous sont les plus proches s' amélioreront en
proportion. Hélas, l' amour est enfant de Bohême et c' est souvent le contraire
qui se produit. Le couple commence à se lézarder, l' entourage pédale dans
la névrose. C' est courant et connu des psychologues s' occupant de thérapies
familiales.  Parfois, la détérioration du système est passagère; la famille se
 stabilise et retrouve l' harmonie une fois que chaque membre s' est habitué
 à ce changement. Mais c' est parfois le contraire qui se produit et le couple
ne résiste pas à ces modifications.
Voila pourquoi il est fondamental que vous ne changiez que pour vous-même,
que vous ne changiez pas que parce qu'il le faut, pour vous, et au diable les
conséquences. Cela ne veut pas dire que tout changement au sein du couple
met celui-ci en péril. Il arrive couramment que des changements positifs
chez l' un ou l' autre conjoint resserrent les relations de couple. Néanmoins,
plus le couple est fragile , moins il a de chance de s' adapter aux changements.
Ce genre de couple, déjà menacé, est source de grandes souffrances pour
ses membres; si votre couple est si fragile que le fait de vous améliorer
le détruise, demandez-vous ce qu'il vous apporte et en quoi il contribue
à la qualité de votre vie.


    Si vous essayez de changer dans le but de faire changer l' autre, vous
déchargez cette personne de sa responsabilité de changer, vous lui attribuez
à l' avance le mérite des transformations qui se produiront en elle.
Quand vous changez vous-même, tout le mérite vous en revient parce que
c'est vous qui le faites; vous vous retroussez les manches, vous ressentez la
souffrance, vous tenez bon et obtenez ce que vous vouliez. Tout le monde
a le droit de se voir reconnaître le mérite de ses changements; ce n' est
pas vous qui avez modifié quoi que ce soit, c' est chacun qui s' est changé
lui-même.

       N' essayez jamais de changer les autres: cela ne marche jamais !